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Communiqué de presse du 4 novembre 2009

Semaine pour l’emploi des personnes handicapées

COMMUNIQUE DE PRESSE

Paris, le 4 novembre 2009

Semaine pour l’emploi des personnes handicapées :

L’emploi des déficients visuels reste à ce jour parmi les plus bas

Si plusieurs facteurs sociaux et techniques expliquent ce constat, l’issue pourrait venir de certaines solutions compensatoires encore méconnues des recruteurs et sous utilisées.

En dépit des avancées de la loi du 11 février 2005 concernant le renforcement de l’obligation d’embauche pour les entreprises privées et le secteur public, les personnes totalement aveugles ou gravement déficientes visuelles demeurent majoritairement exclues du monde du travail. Faute de statistiques, il est impossible de donner des chiffres précis. On estime cependant que sur les quelques 18.000 non voyants dont l’âge est compris entre 18 et 60 ans, seulement 7.000 ont une activité professionnelle. Pour les déficients visuels, le taux de chômage est donc bien supérieur aux 17% constatés pour l’ensemble des personnes handicapées.

Parmi les professions les plus répandues, figurent les masseurs-kinésithérapeutes (1500), les standardistes (1200 postes) et les employés de bureau (1300 postes). Viennent ensuite les enseignants, le secteur informatique et le secteur associatif (respectivement 200 postes). Le secteur protégé reste important (800 postes). En revanche, les professions d’avocats/juges/juristes ne recensent que 50 postes dans toute la France (1).

Plusieurs facteurs expliquent ce nombre très élevé d’inactifs :

La complexité de la procédure pour l’obtention des « aides au poste » liées à la lourdeur du handicap et la modification du mode de calcul des « unités bénéficiaires » pour l’emploi obligatoire des travailleurs handicapés, ne sont pas favorables aux travailleurs porteurs d’un handicap grave parmi lesquels les déficients visuels. Les employeurs, partenaires sociaux, médecins du travail, associations représentatives des personnes handicapées ont unanimement réclamé une simplification lors de la préparation de la Conférence du Handicap de juin 2008.

Le faible renouvellement de postes attribués aux déficients visuels : ainsi, deux enseignants non voyants de l’Académie de Toulouse ont eu le plus grand mal à faire accepter par l’Education Nationale le renouvellement du contrat de leur assistant, avec lequel ils travaillaient pourtant depuis plusieurs années. Au Ministère de l’Alimentation, aucun déficient visuel n’a été embauché en Centrale depuis 1991. Lorsqu’ils partent à la retraite, les standardistes déficients visuels ne sont presque jamais remplacés, alors que les postes adaptés existent et que l’adaptation a coûté fort cher. Au Ministère des Finances, la promotion professionnelle est très difficile pour les déficients visuels : pas de sujets en braille lors des concours, absence d’aide à la formation.

Le manque de formations professionnelles accessibles : les très longs délais pour obtenir l’agrément de nouvelles formations, même expérimentales, sont un frein aux initiatives nouvelles. Ainsi, on compte seulement 70 formations décrites dans l’ouvrage « Les aveugles au travail » paru aux éditions du « Cherche Midi » en 1999. Très souvent, la nécessaire polyvalence, une tâche qui nécessite l’usage de la vue, ferme l’accès à un métier. Les recherches conduites dans le monde entier n’ont pas permis d’ouvrir de nouveaux débouchés. Ce sont encore les professions traditionnelles qui restent les plus répandues.

La sous exploitation des ressources technologiques permettant l’adaptation du poste de travail : la perpétuelle évolution du matériel et des logiciels informatiques est vécue comme un défi pour les personnes déficientes visuelles : si elles leur permettent d’accéder en temps réel à une grande quantité d’informations, leur mode graphique reste encore peu répandu. Ainsi, trop souvent, les sites publics ou privés en « mode graphique » ne nous sont pas ouverts. C’est, par exemple, le cas du site « Pôle emploi » ou de ceux de nombreuses banques ou commerces. Pourtant de réelles avancées ont eu lieu dans ce domaine à l’initiative de travaux portés par les associations : synthèses vocales, clavier en braille, format daisy…

Enfin, les difficultés d’accès aux transports collectifs, surtout en zones rurales, le manque d’information des employeurs, l’inexistence d’une réelle coordination pour centraliser les demandes d’emploi émanant de déficients visuels et le défaut d’accompagnement dans l’emploi constituent souvent des barrières infranchissables pour une population minoritaire parmi les travailleurs handicapés.

Le CNPSAA souhaite que les réformes annoncées de l’AAH incitent fortement ceux qui le peuvent à travailler, en autorisant, dans des limites et pour un temps raisonnables, un certain cumul avec les revenus du travail. Parallèlement, les personnes handicapées reconnues dans l’impossibilité de se procurer un emploi doivent pouvoir disposer d’un revenu décent, au-dessus du seuil de pauvreté.

(1) Source : informations recueillies auprès des associations de professionnels qui les représentent

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