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Bulletin du 26 septembre 2018

Table des matières :

Bulletin CFPSAA Infos 2018-07 – du 26 septembre 2018

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SOMMAIRE

ÉDITORIAL

Après une rentrée pleine d’énergie pour la CFPSAA, je vous retrouve avec plaisir. Déjà un certain nombre de réunions au sein de nos commissions et des instances dans lesquelles nous siégeons et je vous livre ici quelques éléments, non exhaustifs, de notre actualité.

Tout d’abord je vous rappelle que les pouvoirs publics se penchent sur la préparation d’une offre de service destinée aux personnes et aux employeurs pour soutenir l’orientation, le recrutement, l’insertion et le maintien dans l’emploi. Une seconde étape est en cours dans la concertation qui doit conduire à finaliser ce projet. Cela nous permet de continuer à formuler des propositions visant à développer l’inclusion professionnelle des personnes handicapées, et nous insistons particulièrement sur le point essentiel du financement et de la gouvernance de la politique de l’emploi des personnes handicapées qui reste à ce jour non traité. Notre commission emploi est mobilisée sur ces thèmes et avec nos associations partenaires du Comité d’Entente nous avons transmis un texte commun au cabinet ministériel en charge du handicap ainsi qu’aux partenaires concernés.

Un autre sujet et qui revêt pour moi une grande importance, est celui de l’École inclusive. Le projet de nos dirigeants est d’aboutir à une École de la République pleinement inclusive à l’horizon 2022. Déjà un an d’action revendiqué par notre ministre, mais nous estimons que les bases ne sont pas suffisamment solides et qu’il faut verrouiller un certain nombre de points. A titre d’exemple, Il faut une meilleure formation des enseignants et des personnels d’encadrement. Si ce constat est acté et nous en sommes satisfaits, les moyens pour y parvenir restent flous. Il faut avoir également l’assurance que les élèves sortent de l’école avec un diplôme. L’indispensable engagement de tous les acteurs à tous les niveaux du système éducatif doit être consolidé. La société tout entière doit être sensibilisée à l’école inclusive. Là encore nous venons de préparer un document complet aux fins de contribuer aux travaux qui doivent avoir lieu à l’assemblée nationale.

Enfin la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » dont nous vous avons souvent parlé a été adoptée le 5 septembre 2018. Elle contient deux articles (numérotés 80 et 81) qui concernent directement les travailleurs handicapés et l’accessibilité des personnes handicapées aux services de communication au public. Vous trouverez dans ce bulletin un résumé de ces articles.

Encore et toujours, nous continuons à défendre les intérêts des personnes déficientes visuelles, quel que soit leur âge et le contexte de leur vie quotidienne.

Edouard Ferrero, Président de la CFPSAA

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1) ACTUALITÉS DE LA CFPSAA

1-A) POINT DE VUE SUR LA LOI ACCESSIBILITÉ NUMÉRIQUE : 3 QUESTIONS À FERNANDO PINTO

Interview sur le blog de Koena Nous avons tenu à partager avec vous notre suivi de l’évolution de la loi accessibilité numérique. Le 30 juillet 2018, l’article 44 du projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel est devenu l’article 80, et le 5 septembre, la loi a été publiée au journal officiel. Vous pouvez retrouver le texte sur Légifrance via ce lien court : url.koena.net/art80. Pour compléter ce suivi, il nous a semblé intéressant d’aller à la rencontre des acteurs ayant œuvré pour améliorer l’accessibilité numérique, à commencer par les représentants des bénéficiaires de ce texte : les personnes handicapées. Aujourd’hui, nous retrouvons Fernando Pinto, animateur des travaux sur le numérique du Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH) et animateur de la Commission Numérique et Conception Universelle (CNCU) au sein de la fédération regroupant les principales associations de personnes aveugles et malvoyantes : la CFPSAA (Confédération française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes). Entretien avec Fernando Pinto, animateur des travaux sur le numérique pour le Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH) Propos recueillis par Armony Altinier Pourrais-tu nous raconter ton action dans le cadre du travail sur la transposition de la Directive européenne 2016/2102 en droit français, via l’article 80 de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ? Tout a commencé le 9 avril au soir quand, au détour d’une réunion de la commission emploi du CNCPH à laquelle j’assistais, l’administration, qui présentait le projet de loi Liberté de choisir son avenir professionnel, a alors présenté un projet d’article (45 à l’époque) qui visait à transposer la directive européenne UE 2016/2102. Quelle ne fut pas la stupeur pour beaucoup de mes collègues qui se retrouvaient face à un texte qui, par bien des aspects, semblait ne pas être tout à fait à sa place dans le cadre de cette réunion. Par la suite, nous devions apprendre que la commission accessibilité et conception universelle du CNCPH (en charge habituellement de l’examen de ce type de textes techniques) n’avait pas été saisie pour examiner ce document qui pourtant relevait bien de sa compétence. L’administration présente le 9 avril n’ayant pas su nous dire avec certitude (le Ministère de la Culture avait alors été évoqué…) quel service avait « tenu la plume » pour pouvoir entamer des discussions, il nous a fallu d’abord remonter l’information, ce qui a très vite abouti à une présentation de cet article, le 23 avril, par la DINSIC, lors de la séance de travail de la commission ad hoc du CNCPH. Le texte qui nous a alors été présenté avait déjà, sur la base d’un certain nombre d’observations, évolué, mais sans doute pas assez au goût du CNCPH. Pour ces raisons en séance plénière le 23 mai, ce projet d’article (devenu entre-temps 44) recevait un avis défavorable de cette instance. S’ouvrait alors un nouveau temps : celui des amendements parlementaires. En très peu de temps, il a fallu produire des projets d’amendements, à soumettre à nos députés, et à nos sénateurs, pour essayer d’améliorer la rédaction de cet article, faire en sorte que l’accessibilité numérique soit enfin prise en compte dès la conception des services de communication en ligne, revoir le système des « sanctions »… Après bien des rencontres, de sensibilisation, nous avons pu, en nous coordonnant avec plusieurs associations membres du CNCPH, faire porter nos amendements. Cela a abouti, après bien des discussions, à l’article qui vient de faire l’objet de la publication au JORF ce 5 septembre. Globalement, es-tu satisfait du texte tel qu’il a été adopté par le 30 juillet dernier ? Malheureusement, non : même si on réaffirme certains principes, il n’en demeure pas moins que l’obligation, pour tout nouveau service de communication en ligne, d’être conçu nativement accessible n’a pas été retenu dans la rédaction de la loi. Le système des sanctions n’a lui aussi que peu évolué, on reste sur une sanction portant sur la déclaration de conformité, pas sur une sanction (comme pour les ERP) portant sur l’accessibilité effective de ces services. Sachant que l’obligation d’accessibilité numérique existe depuis 2005, est applicable depuis 2009 et que le sujet est encore très peu pris en compte aujourd’hui, quel est ton état d’esprit quant à la mise en œuvre de ces nouvelles mesures ? Es-tu confiant ? Sceptique ? Le contexte d’une obligation européenne fait-il une différence selon toi ? Le contexte européen ouvert par cette directive, qui tend (il faut le rappeler) à harmoniser l’accessibilité numérique au plan communautaire, est fondamental : cela contribuera à ce que nous puissions avoir accès, quel que soit notre pays, aux services des différents états membres. Au passage, et cela n’est pas négligeable, cela permettra également aux différents acteurs (DSI, ESN, AMOA…) de monter en compétence sur ces sujets, et ce au niveau européen également : s’il reste beaucoup à faire en France, certains pays semblent encore plus « en retard » et cela ne pourra que favoriser l’accessibilité à l’information pour beaucoup d’Européens. Mais force est de constater qu’avec les mesures déjà présentes en droit français, ces 13 années écoulées n’ont néanmoins pas été synonyme d’un meilleur accès à l’information pour les publics en situation de handicap. En réalité, cette transposition pourrait être l’occasion d’améliorer encore les textes en vigueur et de faire de cette accessibilité une réalité pour 1/5 des Français empêchés de lire : à l’heure où la dématérialisation est en œuvre, cela devient un enjeu sociétal fort. Cela étant, et bien que cet article 80 n’inscrive pas suffisamment ces enjeux dans l’esprit de la loi, il nous reste encore à accompagner la sortie des décret et arrêté qui en découlent et qui, sait-on jamais, pourraient être porteurs de modifications substantielles et bénéfiques. Il nous faudra cependant rester vigilants car, si à l’instar de ce qui est inscrit dans la CRPD, la directive UE 2016/2102 introduit bien des notions, comme celles d’aménagement raisonnable, ou de charge disproportionnée…, certains de nos interlocuteurs ne retiennent bien souvent que cette dernière. Par ailleurs, la faiblesse des contraintes (sanctions) et mécanismes de contrôles est telle qu’il n’est pas sûr que cela contribue véritablement à une prise de conscience qui, de toute évidence, n’a toujours pas eu lieu : rappelons que la plupart des services de communication en ligne sont dans l’illégalité depuis 2012, voire 2011, sans que cela n’émeuve grand monde. Il nous appartiendra donc, le moment venu, de faire respecter la loi et surtout, de faire constater ces manquements qui nous discriminent au quotidien. Retour sommaire

2) ACTUALITÉS INSTITUTIONNELLES

2-A) POUR LA LIBERTÉ DE CHOISIR SON AVENIR PROFESSIONNEL (LOI N°2018-771 DU 5 SEPTEMBRE 2018 (RÉSUMÉ ART. 80 ET 81)

Section 3 Accessibilité (art. 80 et 81)

L’article 80 vise à transposer la directive 2016/2102 du 26 octobre 2016 relative à l’accessibilité des sites internet et des applications mobiles des organismes du secteur public. Si un dispositif en matière d’accessibilité numérique existe déjà, qui a été récemment encore renforcé, une mise en conformité du droit interne demeure nécessaire, notamment pour ajuster le champ d’application de l’obligation d’accessibilité afin d’y inclure l’intégralité du champ prévu par la directive. Ainsi sont accessibles aux personnes handicapées dans les conditions définies au présent article les services de communication au public en ligne des organismes suivants : 1° Les personnes morales de droit public ; 2° Les personnes morales de droit privé délégataires d’une mission de service public, ainsi que celles créées pour satisfaire spécifiquement des besoins d’intérêt général ayant un caractère autre qu’industriel ou commercial répondant à certains critères ; 3° Les personnes morales de droit privé constituées par une ou plusieurs des personnes mentionnées aux 1° et 2° pour satisfaire spécifiquement des besoins d’intérêt général ayant un caractère autre qu’industriel ou commercial ; 4° Les entreprises dont le chiffre d’affaires excède un seuil défini par le décret en Conseil d’État (modifications de l’article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté´ des personnes handicapées). L’accessibilité des services de communication au public en ligne concerne l’accès à tout type d’information sous forme numérique, quels que soient le moyen d’accès, les contenus et le mode de consultation, en particulier les sites internet, intranet, extranet, les applications mobiles, les progiciels et le mobilier urbain numérique. Elle est mise en œuvre dans la mesure où elle ne crée pas pour l’organisme concerné une charge disproportionnée telle que définie par décret en Conseil d’État. Les organismes mentionnés publient une déclaration d’accessibilité et élaborent un schéma pluriannuel de mise en accessibilité de leurs services de communication au public en ligne, qui est rendu public et décliné en plans d’actions annuels, et dont la durée ne peut être supérieure à trois ans.

L’article 81 autorise les personnes atteintes d’une déficience, d’une part, à réaliser, par elles-mêmes ou par l’intermédiaire d’une personne physique agissant en leur nom, des documents adaptés à leurs besoins, et, d’autre part, à recevoir directement des documents adaptés dans un autre État membre sans passer par l’intermédiaire d’organismes tiers (modifications des art. L. 122-5 et s.). Cet article vise en outre à préciser l’encadrement des échanges transfrontières des documents adaptés au sein de l’Union européenne. Il a ainsi pour objet de compléter la transposition de la directive 2017/1564 du 13 septembre 2017 sur certaines utilisations autorisées d’ œuvres protégées par le droit d’auteur et les droits voisins en faveur des personnes atteintes d’une déficience les empêchant de lire. Cette directive met en œuvre les obligations qui incombent à l’Union au titre du traité de Marrakech adopté en 2013 dans le cadre de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, afin d’améliorer la disponibilité de documents adaptés aux besoins des personnes handicapées et de favoriser leur circulation transfrontalière. Le code de la propriété intellectuelle prévoit déjà depuis 2006 une exception au droit d’auteur au bénéfice des personnes handicapées. Le cadre législatif applicable a été réformé par la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de création, à l’architecture et au patrimoine afin notamment d’améliorer la productivité de l’activité d’adaptation des œuvres et de permettre la diffusion à l’étranger d’œuvres adaptées en France dans les meilleurs délais, sans attendre la ratification du Traité de Marrakech.

Résumé effectué par Affaires Publiques.org.

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3)- ACTUALITÉS SOCIALES

3-A) L’ACTIVITÉ DES MAISONS DÉPARTEMENTALES DES PERSONNES HANDICAPÉES EN 2017

En 2017, les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ont reçu près de 4,5 millions de demandes ; c’est environ 80 000 de plus qu’en 2016. En 2017, près de 4,5 millions de demandes ont été adressées aux MDPH contre 4,42 millions en 2016. La croissance des demandes se poursuit, mais sur un rythme moins élevé qu’en 2016. Ces demandes ont été déposés auprès des MDPH par 1,729 millions de personnes sur la France entière ce qui représente 26 personnes pour 1 000 habitants. La part des demandes relatives aux enfants représente selon les départements entre 11% et 48% du total des demandes déposées. Répartition des 4,5 millions de demandes
- Une légère hausse de la part des demandes de cartes et notamment des taux de premières demandes de cartes d’invalidité ou de priorité et de cartes de stationnement liées à l’entrée en vigueur de la carte mobilité inclusion (CMI) ;
- Une baisse de la part des demandes liées à l’emploi et en particulier les demandes d’allocation aux adultes handicapés (AAH) : l’allongement de la durée d’attribution de l’AAH (décret du 3 avril 2015) pouvant expliquer la diminution de la part relative des réexamens d’AAH instruits par les MDPH. Des taux d’accord de nature et d’évolution variable selon les prestations Les taux d’accord sont variables d’une prestation à l’autre et d’un département à l’autre. Leurs évolutions sont multifactorielles : les nouvelles réglementations, le niveau d’information des usagers sur les prestations existantes, etc. On observe une hausse des taux d’accord :
- du matériel pédagogique adapté pour les enfants : 70,4 % contre 68,2 en 2016 ;
- des cartes européennes de stationnement pour les 20 ans ou plus : 62,9% contre 61,6% en 2016 ;
- du complément de ressources : 19,2% contre 18,% en 2016 ;
- de l’aide humaine à la scolarisation : 80,2 % contre 79 % en 2016.

Parmi les prestations adultes, on observe principalement une baisse du taux d’accord de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) : 66,1 % contre 71,2 % en 2016. Concernant les prestations enfants, on observe une baisse des taux d’accord :
- de la prestation de compensation du handicap (PCH) : 36,1 % contre 40 % en 2016 ;
- des cartes européennes de stationnement moins de 20 ans : 65,1 % contre 68,1 % en 2016
- des cartes d’invalidité ou de priorité moins de 20 ans : 64,9 % contre 66,4 % en 2016.

Des délais contenus En 2017, 4,66 millions de décisions (accords, refus, sursis) ont été rendues. C’est 2,7 % de plus qu’en 2016. Les délais moyens des demandes s’échelonnent entre :
- 4 mois et 12 jours pour les demandes « adultes » en moyenne (- 4 jours par rapport à 2016 sur le même échantillon de 89 MDPH) ;
- 3 mois et 20 jours pour les demandes « enfants » en moyenne (+3 jours par rapport à 2016 sur le même échantillon de 89 MDPH). Favoriser le dialogue avec les usagers en cas de recours Les recours gracieux et contentieux représentent 2,4 % du total des décisions et avis pris. Les partenaires associatifs peuvent également intervenir pour accompagner les usagers dans leur accès aux droits.

En 2017 :
- 82, 4 % des MDPH répondantes ont désigné une personne qualifiée chargée de la conciliation ;
- 55, 4 % des MDPH répondantes ont identifié une personne en chargée de la médiation. Dans les faits, cette mission de médiation peut être exercée dans les MDPH sans que cette mission soit assurée par un professionnel dédié au sein de la MDPH. Ces données sont issues de l’enquête relative à l’activité 2017 des MDPH menée entre mi-avril et mi-juin 2018 auprès de 102 territoires répondants. La synthèse des rapports d’activité 2017 des MDPH fera l’objet d’un Dossier technique de la CNSA, qui sera publié début 2019. La lettre CNSA septembre 2018 Retour sommaire

4)- ACTUALITÉS FRANÇAISE DU HANDICAP

4-A) SCÉNARIOS D’ÉVOLUTION DES INSTITUTS NATIONAUX DES JEUNES SOURDS ET DES JEUNES AVEUGLES

Ferreira de Oliveira Renaud, Pétreault Gilles, Carayon François et al. Les cinq instituts nationaux des jeunes sourds (INJS de Bordeaux, Chambéry, Metz et Paris) et des jeunes aveugles (INJA de Paris) interviennent auprès d’enfants et d’adolescents ayant des troubles des fonctions auditives ou visuelles. Ils prennent en charge environ un millier d’élèves. Ces établissements sont régis, depuis 1974, par un cadre juridique distinct des autres établissements sociaux et médico-sociaux qui prennent en charge les jeunes déficients auditifs ou déficients visuels lorsqu’ils ne sont pas scolarisés en milieu ordinaire. Cette mission inter inspections formule des scénarios d’évolution de ces établissements en vue de répondre au mieux aux besoins des élèves et de leurs parents, et de valoriser le savoir-faire des équipes au plan pédagogique et médico-social. Sans remettre en cause leur caractère d’établissements publics nationaux, elle préconise en particulier : Une adaptation de l’offre des instituts, favorisant, autant que possible et selon des modalités variables, l’inclusion en milieu scolaire ordinaire, à partir d’une analyse des besoins des enfants et des familles menée au niveau régional, sous l’égide des agences régionales de santé et les rectorats  ; Une rénovation de la gouvernance des instituts pour mieux répondre à la diversité des contextes locaux, en parallèle à une modernisation de leur cadre budgétaire et comptable et à une plus grande responsabilisation dans la gestion de leurs personnels. Inspection générale de l’Education nationale, 2018, 247p.- Texte intégral Flash-handicap 21 septembre 2018 Retour sommaire

4-B) LES RATÉS DE LA SCOLARISATION

Au Grand-Quevilly (Seine-Maritime), une lycéenne aveugle dispose d’une AVS qui ne peut pas l’aider dans la prise de notes et ne sait pas utiliser l’informatique... L’Académie de Rouen reconnaît que 15% des élèves ayant une décision d’octroi d’un accompagnement scolaire n’ont ni AVS ni AESH. 70 élèves attendent toujours dans la Manche leur AVS ou AESH, sur la centaine qui étaient sans accompagnement le jour de la rentrée scolaire. Enfin, il aura fallu neuf mois au ministère de l’Éducation nationale pour répondre à une (gentille) question écrite de la députée Albane Gaillot (La République en Marche - Val-de-Marne) sur l’attribution de personnels d’accompagnement scolaire en septembre... 2017. A Strasbourg (Haut-Rhin), une militante du Collectif Citoyen Handicap monte au sommet d’une grue pour alerter sur l’absence de recrutement deux semaines après la rentrée de 80 AVS et AESH, et à Lille (Nord) deux mères de famille font de même. La secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Sophie Cluzel leur répond en évoquant de simples "ajustements de recrutement" et que "ce n’est pas en montant en haut des grues" qu’on se fait entendre. Enfin une maman rappe le délaissement dans lequel son fils autiste est maintenu, en rappelant les promesses électorales d’Emmanuel Macron puis ses propos depuis qu’il est Président de la République.

Yanous - n° 515

Les articles de Yanous-Actualités sont diffusés avec l’aimable autorisation de Laurent Lejard

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4-C) LETTRE OUVERTE AUX DÉPUTÉS ET SÉNATEURS

Tribune de l’Unapei parue sur le site du Journal du Dimanche : « pour tous les enfants privés de rentrée ». Mesdames et messieurs les députés et les sénateurs, Comme chaque rentrée, l’achat des fournitures et le premier jour de l’année scolaire feront demain la une des journaux. Comme chaque année, nombre de parents d’élèves handicapés témoigneront de leur désarroi de ne pas savoir comment leurs enfants pourront faire la leur, faute de s’être vu attribuer par l’Education nationale une auxiliaire de vie scolaire (AVS). Comme chaque année, on passera sous silence le scandale de milliers de jeunes handicapés qui n’ont aucune solution de scolarisation, bénéficient d’un temps faible d’école ou doivent patienter sur les listes d’attente des établissements spécialisés. Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, la scolarisation des élèves handicapés est de droit, pourtant la réalité reste cruelle. Aujourd’hui en 2018, on vend aux Français le rêve d’une école ouverte à tous qui ne se réalise pas dans les faits à cause du manque de moyens humains et financiers. Les annonces gouvernementales récentes constitueront-elles de véritables leviers ? Nous, administrateurs de l’Unapei et présidents d’associations, en doutons et réaffirmons que les associations qui accompagnent les enfants handicapés, ne pourront pas résoudre seules un problème systémique vieux de 40 ans. On vous dit, on nous dit, que la proportion d’élèves handicapés à l’école augmente. Ces chiffres doivent être mis en perspective avec l’augmentation du nombre de diagnostics, le maintien des élèves dans des dispositifs inadaptés, le gonflement des listes d’attentes dans l’enseignement spécialisé. Nous, administrateurs de l’Unapei et présidents d’associations, demandons que tous les enfants handicapés soient effectivement scolarisés, quel que soit leur handicap. Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, nous avons tous un rôle à jouer pour faire bouger les lignes. Saurez-vous être #AvecNous ? Luc Gateau, Président de l’Unapei (représentant 550 associations partout en France) Retour sommaire

4-D) UN ÉTÉ DE CHIEN

Plusieurs incidents médiatisés témoignent à la fois de la méconnaissance de la législation en matière d’accès des animaux d’assistance dans les commerces, et du laxisme des pouvoirs publics lors de refus discriminatoires. « Un chien, ça ne fait pas propre, c’est une mauvaise image." Tels sont les motifs invoqués par le gérant d’un restaurant des environs d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) pour refuser qu’une aveugle dîne accompagnée, entre autre, de son chien guide. Clairement revendiqué, ce refus est passible d’une amende et de poursuites judiciaires. Pourtant, rien de tel ne se produira dans cette discrimination du fait du handicap survenue le 7 août dernier. Quatre jours auparavant, le personnel de la supérette Carrefour Express de Toulouse-Rangueuil (Haute-Garonne) réitérait son refus de la semaine précédente d’accepter le chien d’assistance d’un client handicapé moteur, accompagné cette fois de militants associatifs. La scène filmée puis postée sur des réseaux sociaux a été reprise par la presse, sans que pour autant le Procureur de la République se saisisse de l’affaire comme il en a le droit même si une plainte n’est pas déposée. Pas davantage qu’à Évry (Essonne) où une dame a dû laisser son chien d’assistance à l’entrée d’un Lidl.

Ni à Toulouse, ni à Aix-en-Provence, ni à Évry les pouvoirs publics n’agissent, comme s’ils n’étaient pas là pour protéger la population. Mieux, à Toulouse le policier qui a répondu au téléphone au client discriminé s’est finalement rangé à l’avis du gérant ! La Direction Départementale de la Sécurité Publique de Haute-Garonne dont dépend Police Secours (le 17) n’a toujours pas répondu à ces deux questions qu’on lui a adressées : "Confirmez-vous qu’un agent a autorisé le gérant du Carrefour Express de Rangueil à interdire l’accès de son magasin au chien d’assistance de Kevin Fermine ? Quelles dispositions la Direction départementale de la police nationale compte prendre pour rappeler aux agents les dispositions légales relatives aux animaux d’assistance aux personnes handicapées ?"

Les associations du secteur ont fait le choix de privilégier la discussion pour convaincre les propriétaires et gestionnaires de l’utilité des chiens guides d’aveugle ou d’assistance aux personnes handicapées motrices. Elles sont dans leur rôle et ont raison d’agir ainsi sur la centaine de signalements qu’elles reçoivent en moyenne annuelle pour chaque catégorie d’animal. Elles estiment régler par la pédagogie la quasi-totalité des refus, avec environ 5% "d’irréductibles". C’est très peu, et pourtant significatif : un commerçant qui refuse un animal d’assistance ne respecte pas la loi, on peut se demander quelles autres lois et réglementations il enfreint. Nombreux sont d’ailleurs les propriétaires et exploitants de commerces ou établissements recevant du public à oublier de respecter la législation, pourtant amoindrie, sur l’accessibilité aux personnes handicapées. Ils ne risquent aucune sanction, ce n’est pas l’orientation actuelle de nos gouvernants qui ne jurent que par la pédagogie et le dialogue. De toutes façons, le fonds d’accessibilité universelle qui devait recevoir le produit des sanctions administratives infligées aux propriétaires et exploitants hors-la-loi n’a pas été créé, et de ce fait ces pénalités ne peuvent être perçues.

Pour ce qui concerne les animaux d’assistance, la secrétaire d’État aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, a annoncé l’organisation prochaine d’une réunion de travail abordant les refus d’accès. Les victimes et les associations concernées sauront alors si leur ministre les défend, au-delà des belles paroles sur les vertus de la pédagogie. Mais on peut également penser qu’il est temps d’utiliser la balance de la justice pour établir une échelle de sanction judiciaire et de dommages et intérêts, comme l’ont fait des voyageurs para ou tétraplégiques interdits de vol par des compagnies aériennes. Cela n’a pas empêché de nouveaux abus mais en a limité le nombre, et les victimes en sortent, outre la dignité, avec autre chose que de plates excuses qui ne coûtent rien. Laurent Lejard, septembre 2018.

Yanous - n° 514

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5) ACTUALITÉS INTERNATIONALES DU HANDICAP

5-A) MISE EN ACCESSIBILITÉ DES GARES ET DES TRAINS EN FRANCE

Actions de la Société Nationale des Chemins de Fer Français (SNCF) en faveur de l’accessibilité Par Thierry Jammes pour l’EBU : Tout d’abord, je souhaite féliciter la SNCF pour la mise en place de commissions d’accessibilité et l’organisation de concertations mensuelles avec l’ensemble des associations de personnes handicapées. En effet, cela permet aux techniciens du transporteur de comprendre nos revendications et de poser des questions en direct sur nos besoins. D’ici 2024, grâce à ces commissions d’accessibilité, toutes les gares de France seront équipées des dispositifs suivants : • Accueil : Une balise sonore indique l’entrée principale de la gare. Des boucles magnétiques sont présentes à tous les guichets ou autres services de la gare. Les automates de billets sont vocalisés. • Déplacements horizontaux : Chemin de guidage - deux bandes de guidage de 15 centimètres chacune, espacées de 40 centimètres. Le changement de direction est matérialisé par un carré plein couplé avec des balises sonores (une par direction) qui indiquent l’orientation à suivre selon la destination souhaitée (guichets, toilettes, accueil…). Il est à noter que les balises se déclenchent l’une après l’autre et sont orientées vers le sol pour nous indiquer quelle direction prendre. Des bandes d’éveil à la vigilance podotactiles équipent l’ensemble des quais. • Déplacements verticaux : Les escaliers disposent de bandes d’éveil à la vigilance podotactiles en amont, de mains courantes avec braille et information en gros caractères, de nez de marche contrastés visuellement et tactilement ainsi qu’une première et une dernière contremarche contrastées. Les ascenseurs sont conformes à la norme européenne EN 81-70. Point de vue critique en tant qu’usager Tous ces travaux auraient dû être terminés pour 2015. Les équipements cités ci-dessus coûtent cher et la SNCF a tenté à de nombreuses reprises de les faire disparaître au profit de technologies « beacon et GPS » mais ces solutions, en plus de ne pas être assez précises, ne sont pas maîtrisées par l’ensemble de la population. C’est pourquoi nous les avons refusées. Par ailleurs, la concertation est parfois difficile car l’accessibilité se joue sur les détails. Les architectes ont tendance à oublier que ce sont les petites choses qui rendent possible ou non l’accessibilité. Prenons par exemple la nouvelle gare TGV de Montpellier : les éléments de guidage et les balises sonores nous prennent en charge à la descente du taxi ou des transports collectifs et nous guident dans la gare. Le problème est que la balise sonore sur le point « accueil handicap » a été oubliée. Conséquence, la personne aveugle ou malvoyante ne pourra pas être prise en charge par le personnel du service « Access Plus » (service d’accompagnement) sensé l’amener à son train. Il nous a fallu de nombreux échanges de mails et quelques coups de pression pour que les équipes posent cette balise et comprennent que ce n’était pas du superflu. Nous avons aussi beaucoup de mal à nous faire entendre sur l’accessibilité des sites internet marchands ou des applications mobiles de la SNCF. Il n’est pas facile à une personne aveugle d’acheter ses billets en toute autonomie sur ces supports dédiés. Il va falloir que la SNCF comprenne que nous sommes des clients ordinaires et que ce manque d’accessibilité revient à discriminer les déficients visuels. Par ailleurs, le règlement européen actuellement en cours de révision prévoit l’accompagnement des personnes handicapées à bord des trains. La SNCF a mis en place le service « Access Plus » dont j’ai parlé plus haut. Il faut appeler 48h avant pour en bénéficier. Or ce délai n’est pas acceptable pour les personnes qui voyagent à la dernière minute. En outre, la SNCF envisage de ne plus guider les personnes déficientes visuelles si elles sont accompagnées, arguant du fait que l’accompagnateur bénéficie de tarifs extrêmement réduit. Nous nous y sommes opposés et avons fait connaître la situation à la Ministre des Transports. En effet, cette décision n’est pas acceptable car les gares sont des milieux anxiogènes et nous avons besoin de nos accompagnateurs qui nous rendent aussi service à bord du train. Il faut également savoir que les plus âgés d’entre nous, en plus de la cécité, peuvent avoir des problèmes de mobilité. L’accompagnateur sera bien en peine dans les grandes gares françaises d’accompagner et de guider la personne déficiente visuelle alors que le train n’est affiché que vingt minutes avant son départ. Non seulement le service "Access Plus" est sous-doté en personnel mais en plus la SNCF a été obligée d’en ouvrir l’accès aux « Personnes à Mobilité Réduite », comprendre toute personne gênée dans sa mobilité. In fine les demandes explosent et c’est sur les personnes déficientes visuelles que l’on veut faire des économies. Là encore ce n’est pas acceptable et il faut nous battre. C’est ce que font certaines personnes handicapées, lorsqu’elles sont oubliées à l’accueil et ratent leur train, ou même oubliées à bord du train à l’arrivée. Dernier exemple en date : une personne déficiente visuelle d’Auxerres qui a été oubliée dans le train à son arrivée en gare s’est révoltée et a fait condamner la SNCF pour manquement à ses devoirs. Thierry Jammes, Expert en Accessibilité EBU (Union Européenne des Aveugles) Focus

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5-B) RÉFLEXIONS DES MEMBRES DE L’UMA (UNION MONDIALE DES AVEUGLES) SUR LES 10 ANS DE LA CRPD DE L’ONU DEPUIS SON ENTRÉE EN VIGUEUR

La Convention des Nations Unies sur les Droits des Personnes Handicapées (CRPD) et son Protocole Facultatif (A/RES/61/106) sont entrés en vigueur le 3 mai 2008. Elle a été adoptée le 13 décembre au siège des Nations Unies à New York, puis ouverte à signature le 30 mars 2007.

La Convention se veut être un instrument des droits de l’homme doté d’une dimension, explicite, de développement social. Elle adopte un vaste classement des personnes handicapées et réaffirme que toutes les personnes, quel que soit le handicap qui les touche, doivent pouvoir jouir de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales. Elle précise et qualifie la façon dont les différentes catégories de droits s’appliquent aux personnes handicapées et identifie les domaines où des adaptations sont nécessaires pour permettre aux personnes handicapées d’exercer effectivement leurs droits ; sans oublier les domaines dans lesquels ces droits ont été enfreints et où la protection doit être renforcée.

Nous avons interrogé plusieurs des membres de l’UMA à propos du sens et de la mise en œuvre de la CRPD dans leurs pays. Visionnez les entretiens en vidéo sur la chaîne YouTube de l’UMA.

L’Union Mondiale des Aveugles félicite aussi les six femmes (sur neuf candidats) qui ont été élues au Comité de la CRPD de l’ONU au mois de juin. C’est là une réussite importante pour l’autonomisation des femmes de la communauté du handicap, car elles brisent ainsi la disparité de genres qui existait jusqu’à présent dans la composition du Comité (17 hommes et une seule femme). Plus d’informations sur le site web de l’UMA

Bulletin de l’Union Mondiale des aveugles – juillet 2018

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5-C) AFUB@30 : 30 ANNÉES D’UN NOUVEAU REGARD SUR LA CÉCITÉ EN AFRIQUE

Plus de 100 invités du Conseil de l’AFUB, du gouvernement, des organisations de personnes handicapées, partenaires et autres parties prenantes se sont retrouvés au PrideInn Hotel de Nairobi, au Kenya, le 22 juin 2018, à l’occasion d’AFUB@30, « Un nouveau regard sur la cécité en Afrique ».

C’est en octobre 1987 à Tunis, en Tunisie, que l’Union Africaine des Aveugles ou AFUB est née, sous les auspices de celle qui s’appelait alors l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), actuellement l’Union Africaine (AU). C’est la nécessité de donner une voix collective et forte aux personnes aveugles et malvoyantes qui a motivé la création de l’AFUB à travers le plaidoyer, la création et la consolidation des organisations et associations nationales de personnes aveugles et malvoyantes en Afrique. Lors de son Assemblée constituante, l’AFUB affichait alors 23 membres. Trente ans plus tard, l’AFUB compte 53 états membres de l’Union Africaine.

Au fil des années, les interventions de l’AFUB dans divers pays du continent ont permis l’autonomisation de nombreux bénéficiaires, qui mènent désormais une vie indépendante et prospère et occupent des positions au sein de la société. Voici quelques exemples des bénéficiaires du projet KDDP (Connaissance, Démocratie et Développement) et du Projet AVIYEP (Autonomisation de la jeunesse malvoyante d’Afrique), qui ne sont bien entendu pas exhaustifs : Mme. Florence Ndagire, bénéficiaire du KDDP en Ouganda, est actuellement Conseillère en politique des droits de l’homme de l’Union Mondiale des Aveugles (UMA) ; Loice Bunei, bénéficiaire du KDDP au Kenya, travaille comme Agent de fidélisation au service clientèle d’une banque ; Peter Anomah Kordieh, bénéficiaire du KDDP au Ghana, est actuellement Responsable des programmes de plaidoyer et des droits de l’homme à l’AFUB ; et Munyaratsi Musinze, bénéficiaire du Malawi, est la première femme malvoyante présentatrice de radio. Comme nous le disions, ce ne sont donc que quelques exemples de réussite.

À l’occasion du 30ème anniversaire de la région Afrique, un fonds de dotation AFUB@30 a été mis en place pour garantir que le travail de l’AFUB puisse se poursuivre au cours des 30 prochaines années et aider encore plus de personnes sur le continent. L’AFUB accepte avec gratitude toutes les contributions à ce fonds.

L’histoire de l’AFUB : AFUB@30 - Trois décennies d’un nouveau regard sur la cécité en Afrique, retrace l’histoire de l’AFUB et son évolution au cours des 30 dernières années.

Le Président de l’AFUB, M. Yaw Ofori Debra, a appelé toutes les nations à ratifier la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CRPD). Il a aussi appelé les jeunes malvoyants du continent à s’impliquer plus fortement dans les affaires des organisations nationales, car ce sont les leaders de demain.

L’invitée d’honneur, Maria Cherono, Directrice chargé de l’enseignement spécialisé au Ministère de l’Éducation du Kenya, a déclaré que des efforts seront déployés pour assurer que les élèves malvoyants puissent bénéficier de l’aide appropriée et accéder à un enseignement de qualité équivalent à celui que reçoivent leurs pairs.

Pour l’avenir, et au cours des 30 prochaines années, l’AFUB continuera à développer les capacités de ses organisations membres pour exercer un plaidoyer efficace en faveur des droits des personnes aveugles et malvoyantes dans ses pays, et à lutter pour construire une Union stable et durable permettant la réalisation de notre vision : un continent où les aveugles et les malvoyants ont les mêmes droits, sont intégrés dans la société et prennent pleinement part au développement. Veuillez lire le poème AFUB@30 en suivant ce lien : http://www.afub-uafa.org/afub-at-30...

Bulletin de l’Union Mondiale des aveugles – Juillet 2018

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8) EMPLOI

8-A) AVIS DE RECRUTEMENT – CATÉGORIES A – POUR 2018

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères mène actuellement une campagne de recrutement pour 4 postes à pourvoir au titre du handicap au titre de 2019 dans le corps des secrétaires des affaires étrangères (catégorie A)

L’avis de recrutement ci-joint, est publié sur le site internet, France Diplomatie : https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/e...

La date limite d’envoi des candidatures (exclusivement par voie postale) est fixée au 30 novembre 2018.

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12) LES ASSOCIATIONS MEMBRES DE LA CFPSAA

12-A) ACCOMPAGNER LES AIDANTS DE DÉFICIENTS VISUELS

Communiqué du GIAA – 5 septembre 2018

Ce mardi 11 septembre, le GIAA (Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes) lancera la saison 2 du Cercle des Aidants de Déficients Visuels (CADV), un cycle de rencontres dédié aux personnes aidant un proche déficient visuel.

Il s’agit d’un groupe de parole animé par un binôme de psychologues (une voyante et l’autre non voyante). En ce lieu d’expression libre, les aidants d’un proche ayant perdu ou en train de perdre la vue se réunissent tous les 2 ou 3èmes mardis du mois dans les locaux de l’association, 5 avenue Daniel Lesueur, dans le 7e arrondissement de Paris pour un cycle de dix séances entre la mi- septembre 2018 et juin 2019.

Tous les thèmes peuvent être abordés : problèmes relationnels, familiaux, difficultés d’organisation, réaménagement du quotidien, sensibilisation de l’entourage…. Ce groupe de parole permet aux proches de la personne déficiente visuelle :
- D’échanger sur les difficultés du quotidien et de partager leurs expériences ;
- De bénéficier d’une écoute attentive et bienveillante par deux professionnelles qualifiées ;
- De réfléchir collectivement à des questions complexes : Comment répondre aux attentes et besoins de la personne déficiente visuelle sans anticiper sa demande au risque de l’infantiliser ? Comment faire face à l’évolution de la déficience visuelle ? Comment réorganiser le quotidien ? Les relations familiales ?

Le but est d’aider les aidants. Leur offrir un temps d’échange et d’écoute. Les inscriptions pour le CADV sont d’ores et déjà ouvertes et le nombre de participants limité à 12, mais le groupe, semi-ouvert, laisse la possibilité à des personnes de le rejoindre en cours de cycle.

Pour plus de renseignements, contacter le Cercle des Aidants de Déficient Visuels, par téléphone au 06 02 17 36 48 ou courriel cadv@giaa.org

Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes 5 avenue Daniel Lesueur - 75007 PARIS 01 47 34 30 00 - giaa@giaa.org – www.giaa.org

À propos du GIAA Depuis 1949, le GIAA, Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes œuvre à l’insertion sociale des personnes déficientes visuelles. L’association a été reconnue d’utilité publique en 1959. Ses missions : Faciliter la poursuite des études supérieures des jeunes aveugles et malvoyants Favoriser leur accès à l’emploi, à la formation ou à la reconversion professionnelle Améliorer l’accessibilité à la lecture, à l’information et aux loisirs Agir pour la reconnaissance des droits des personnes déficients visuelles.

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12-B) NUIT BLANCHE 2018 - SOUFFLEURS D’IMAGES/CRTH

Pour la troisième année consécutive, la Nuit Blanche et le CRTH s’associent en proposant aux spectateurs aveugles et malvoyants l’accompagnement Souffleurs d’Images. Pour cette nouvelle édition, la Nuit Blanche 2018 vous propose 4 constellations, 3 parcours à découvrir en individuel avec un souffleur d’images et 1 parcours en groupe construit sur mesure à La Villette. A vous de choisir entre le quartier Saint-Louis, les Invalides, la Villette et la Porte Dorée.

Voici un aperçu de ce qui vous attend : Constellation Saint-Louis Depuis le Collège des Bernardins, les noctambules seront invités à déambuler sur l’île Saint-Louis jusqu’à l’Hôtel de Ville, en passant par la Cité des Arts, pour terminer leur parcours autour des Halles, avec la participation du CNES, de l’église Saint-Eustache et de la Bourse du Commerce, futur siège de la Collection Pinault. C’est le parcours des flâneurs, de l’imprévu, des œuvres nichées dans des endroits secrets - du club des Hachichins fréquenté par Baudelaire, encore vibrant de son « électricité intellectuelle », jusqu’au pont Saint-Louis, où plane le souvenir des Compagnons de Baal, la série du mystère réalisée par Pierre Prévert en 1968 : un Paris de ruelles et de ponts, du Moyen-âge à nos jours. Constellation Invalides Partant de l’Hôtel national des Invalides, traversant l’esplanade des Invalides et une partie de son sous-sol, cette constellation propose une véritable déambulation dans le Paris des grands monuments, en investissant le pont Alexandre III, le Palais de la découverte, une partie du Grand Palais et du Petit Palais. Le parcours se prolongera sur le bas des Champs-Elysées avec la complicité du Théâtre du Rond-Point et de l’Espace Cardin/Théâtre de la Ville. L’ensemble de cette zone sera pensé comme un vaste terrain de rencontre entre culture populaire, fooding, happenings artistiques et expositions ouvertes à tous. Constellation Villette – sortie de groupe C’est l’ensemble du parc de la Villette et la diversité de ses offres culturelles qui sera proposé gratuitement au public. Philharmonie, Folies, Cité des sciences et Cité des enfants, Hall de la chanson… Nuit Blanche 2018 mettra en ébullition, pour toute la nuit, ce parc pensé en points, lignes et surfaces dès 1983 par Bernard Tschumi, comme un véritable terrain d’expérimentations et de contaminations heureuses. Constellation Porte Dorée A l’est de la capitale, c’est une promenade destinée à changer notre horizon qui a été imaginée : ce quatrième parcours s’appuiera notamment sur une programmation de danse collaborative au Lycée Elisa Lemonnier, et à quelques mètres, une redécouverte du Palais de la Porte Dorée, cet étonnant bâtiment colonial Arts déco (qui abrite aujourd’hui le musée de l’histoire de l’immigration). Sur le parcours de la fontaine surmontée de la statue dorée d’Athéna, ce sont les berges du lac Daumesnil et l’île de Bercy qui seront transformées par des projets artistiques. Elles nous entraîneront jusqu’au Parc Zoologique de Paris, ouvert toute la nuit, où le public pourra vivre une expérience totalement inédite…

Contactez le CRTH pour plus d’informations et pour toutes inscriptions ou demande Souffleurs d’Images sur le parcours qui vous intéresse : 01 42 74 17 87 souffleursdimages@crth.org

Retrouvez toute la programmation de Nuit Blanche 2018 et les contacts et offres d’accessibilité proposée par Accès Culture, Action Passeraile, Jaccede, les papillons blancs de Paris, sur https://quefaire.paris.fr/33791/nui...

A noter : La rencontre Souffleurs d’Images, initialement prévue le 29 septembre est malheureusement annulée et reportée à une date ultérieure, date dont nous ne manquerons de vous parler dans nos prochaines lettres d’informations.

Pour tous les spectateurs, visiteurs ayant des questions et souhaitant se renseigner sur le fonctionnement du service, nous restons à disposition par mail à souffleursdimages@crth.org, par téléphone au 01 42 74 17 87 ou pour une rencontre selon vos disponibilités.

Extrait de la Lettre d’information Souffleurs d’Images - Septembre 2018

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12-C) RENTRÉE SCOLAIRE : ON DÉBRANCHE LES AVEUGLES

Communiqué de la Fédération des Aveugles de France

À l’occasion de la rentrée scolaire, la Bibliothèque Nationale de France vient de prendre une mesure lourde de conséquences pour les élèves aveugles et malvoyants qui devront patienter pour avoir accès à leurs manuels scolaires.

En débranchant pour une semaine le service PLATON qui permet aux organismes transcripteurs d’adapter les manuels scolaires à destination des élèves aveugles et amblyopes, la BNF complique sérieusement le travail des professionnels chargés d’accompagner ces personnes et complexifie singulièrement l’accès au savoir de ces jeunes élèves.

La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France et les associations membres de son réseau, BrailleNet, FAF-LR, GIAA, ANPEA, IPIDV et CTRDV (Les PEP 69), soulignent le caractère injustifié et incompréhensible d’une décision administrative et technique non préparée qui complique le travail des professionnels et met des centaines de jeunes handicapés visuels dans une situation difficile.

À l’angoisse de la rentrée s’ajoute celle de ne pas disposer en temps et en heure des outils nécessaires à une bonne réussite scolaire.

La Fédération interpelle donc la BNF et sa ministre de tutelle Madame Françoise Nyssen, Madame Sophie Cluzel et Monsieur Jean-Michel Blanquer sur cette décision unilatérale et injustifiable. En plus des élèves, toutes les personnes aveugles et amblyopes qui ont besoin de faire adapter des documents rapidement en seront privés, c’est en particulier le cas des lecteurs de la presse quotidienne.

Merci à l’administration pour sa façon particulièrement dynamique de faciliter la rentrée.

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12-D) LANCEMENT DE LA PLATEFORME : SAVOIR AIDER

Plus des deux tiers des personnes déficientes visuelles ont plus de 60 ans, on estime même que la déficience visuelle n’est pas identifiée chez 2/3 de ces personnes. Le proche aidant, famille ou ami, se trouve le plus souvent démuni face à une situation mal comprise, pour laquelle il ne dispose que de peu d’informations. Pour accompagner les aidants, la Fédération des Aveugles de France a mis en place un espace d’information et de conseil en ligne : « Savoir Aider nos ainés déficients visuels » Savoiraider.org sera disponible dès le mois d’octobre 2018. Retrouvez une bande d’annonce de notre projet via le lien suivant : https://bit.ly/2zPIfif

Vous y trouverez 4 thèmes :
- Comprendre sa déficience visuelle ? Moi aidant ? Comment l’aider au quotidien ? Vers qui se tourner ?
- des vidéos
- des fiches mémos.

Lettre d’information de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France - N°8 – Septembre 2018

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15) LOISIRS – VOYAGES

15-A) RECHERCHE DE PERSONNES POUR FILM-REPORTAGE

Vous êtes deux parents déficients visuels et vous élevez votre ou vos enfants voyants. Comment se déroule la vie au quotidien ? Si vous souhaitez témoignez en participant au tournage de ce film, merci de contacter : Anne de réparaz qui conduit ce projet pour la Production Lagardère.

Contact : Anne de Réparaz : 06 86 86 11 89 Mail : annedereparaz@gmail.com

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15-B) LA MÉDIATHÈQUE DU VAL D’EUROPE

Rappel : la médiathèque réserve un accueil privilégié au public déficient visuel :

Au rez-de-chaussée, l’espace appelé « Lire autrement », matérialisé par une balise sonore, regroupe : Pour les adultes et la jeunesse :
- une collection de livres-audio : (textes lus), ouvrages documentaires et fictions, ouvrages en langues étrangères),
- une collection très riche de livres tactiles (album, livres d’art),.
- un fonds de livres en grands caractères
- Des documentaires et des fictions au format Daisy

Au premier étage, vous pouvez trouver :
- des DVD en audiodescription (Leur liste en braille et en gros caractères est à emprunter à la banque de prêt)
- Sur demande un télé-agrandisseur qui agrandit les caractères que vous lisez

Au deuxième étage, la salle Louis Braille vous permet :
- D’utiliser un ordinateur muni de la synthèse vocale NVDA,
- De suivre une initiation à la bureautique adaptée avec le logiciel NVDA
- De manipuler des jeux accessibles pour les handicapés visuels
- De découvrir un lecteur de livre Daisy

Voir la programmation sur le site : http://mediatheques.valdeuropeagglo.fr Contact : Olivia.pfortner@vdeagglo.fr

Adresse : Médiathèque du val d’Europe 2, place d’Ariane 77700 Serris Retour sommaire

15-C) OFFRE CULTURELLE MUSÉE CAMILLE CLAUDEL

Le musée Camille Claudel présente « Camille Claudel et Paul Claudel : le rêve et la vie », première exposition temporaire qui ouvrira ses portes le 29 septembre.

A cette occasion, une visite descriptive et tactile est proposée aux visiteurs individuels malvoyants et non-voyants le mercredi 17 octobre à 14h.

Cette visite est consacrée aux portraits de Paul Claudel réalisés par Camille Claudel. A travers la découverte de deux portraits emblématiques réalisés au début et à la fin de la carrière de Camille Claudel, cette visite met en lumière les liens qui unissent le frère et la sœur, l’écrivain et la sculptrice. Cette visite comprend la découverte tactile d’un des portraits en bronze accompagné par un médiateur.

Cet évènement est ouvert aux visiteurs individuels sur réservation uniquement au 03.25.24.76.34., ou reservation@museecamilleclaudel.fr Le tarif est de 3 € en plus du billet d’entrée au musée (les visiteurs en situations de handicap et leurs accompagnateurs bénéficient de la gratuité du billet d’entrée sur présentation d’un justificatif).

Vous trouverez l’ensemble de l’agenda culturel du musée : www.museecamilleclaudel.fr/f...

Il est aussi possible de réserver toute l’année des visites descriptives et tactiles pour des groupes constitués. Pour plus d’informations : http://www.museecamilleclaudel.fr/f...

Musée Camille Claudel 10 rue Gustave Flaubert 10400 Nogent-sur-Seine

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15-D) SÉJOUR AIDANTS AIDÉ – OCTOBRE 2018, OUVERT À TOUS AU VILLAGE VACANCES VSA-CORRÈZE

Un séjour répit à destination des aidants familiaux et de leurs aidés est organisé sur le site du village vacances VSA-CORREZE à Allassac tout près de Brive. Vous êtes aidant familial et souhaitez profiter d’un temps de répit, avec la personne que vous assistez, dans un environnement entièrement adapté à vos besoins ? * Des temps pour les aidants : comment préserver sa santé, prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin de son proche... * Des prises en charge pour les aidés pour des temps de loisirs et des services à la vie quotidienne. * Des temps de loisirs et de détente partagés : Visite de la Corrèze, piscine, soirées animées... * Un Séjour convivial, de répit, de détente et d’échanges.

Ce séjour aura lieu du 20 au 27 Octobre 2018

Formule proposée : 7 jours : 405.25 euros par personne (Toutes prestations incluses : hébergement, restauration, formation, animations, loisirs)

N’attendez pas pour profiter, aidants et aidés ensemble, de ce séjour placé sous le signe du répit, de la détente et de la convivialité.

Bon à savoir : Ce séjour est éligible aux « Coups de Cœur COGAS » ainsi qu’à l’aide au répit, uniquement pour les Postiers en activité. Inscription : VSA-CORREZE - 05 55 17 01 67 ou sur le site : http://www.vsa-correze.com/actualite-103 Retour sommaire

15-E) SPECTACLE WESTERN EN AUDIODESCRIPTION LE 13 OCTOBRE À 18H AU NOUVEAU THÉÂTRE DE MONTREUIL

Western D’après la Chevauchée des bannis de Lee Wells Adaptation et mise en scène Mathieu Bauer

Installer les grands espaces du Far West au théâtre, il fallait oser ! Mathieu Bauer relève le défi et transpose sur scène La Chevauchée des bannis. Au milieu des forêts enneigées du Wyoming, un hameau habité par des fermiers et des cow-boys se déchire. Un propriétaire installe des barbelés mais un éleveur s’y oppose. Ici, pas de shérif : chacun fait la loi. C’est sans compter l’arrivée de bandits qui prennent en otage la population. Un héros fort et courageux, de sinistres canailles, une passion amoureuse, des coups de poing : La Chevauchée des bannis, classique adapté à l’écran en 1959, réunit les ingrédients du genre. « Le western, c’est l’aventure plus le sentiment de l’aventure » !

Tarifs : 8 euros (au lieu de 23 euros) pour la personne malvoyante et son accompagnateur.

Réservations : 01 48 70 48 93 / 90

jeanne.garcia@nouveau-theatre-montreuil.com

Spectacle présenté au Nouveau théâtre de Montreuil Salle Jean-Pierre Vernant, 10 place Jean Jaurès 93100 Montreuil Métro 9 / Marie de Montreuil Bus 102, 115, 121, 129, 322

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15-F) LA VIE « EN CHANTÉ » DE MARIA DOYLE

Sa passion pour la chanson a conduit cette Irlandaise devenue aveugle dans l’enfance jusqu’à l’Eurovision, mais si elle n’a pas fait carrière, c’est avec une vie de famille bien remplie qu’elle s’est accomplie, un parcours relaté dans un récit captivant. Interview.

"On ne voit bien qu’avec le coeur", tel est le titre du récit que publie Maria Doyle chez Plon. Avec l’aide de Lorraine de Plunkett, elle raconte son enfance dans une famille pauvre d’une petite ville irlandaise, Dundalk, voisine de la frontière d’Irlande du Nord alors tiraillée par le conflit entre nationalistes républicains et unionistes royalistes. Née hors mariage, Maria a vécu ses premiers mois dans une maison de travail forcé pour "filles perdues" des Magdalene Sisters, des religieuses qui pratiquaient le trafic d’enfants sur fond de sévices infligés à leurs pensionnaires. La mère de Maria lui a donné dès l’enfance le goût de chanter, et sa voix a fait le reste, constituant un outil d’émancipation pour une enfant devenue aveugle à 9 ans. Jusqu’à la conduire à la finale du concours Eurovision de la chanson en 1985 sous le nom de Maria Christian. Chrétienne par la foi catholique qui imprégnait sa famille et, depuis son mariage en Lorraine avec Emmanuel Cuche, adepte de l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours ; elle commente son étonnant parcours.

Question : Qu’est-ce qui vous a conduit à raconter votre parcours de vie dans un livre ?

Maria Doyle : En 2017 j’ai participé à l’événement TEDx à Strasbourg où j’ai raconté mon histoire devant 600 personnes. A la fin, j’ai eu une standing ovation ! La présentatrice, Valérie Expert, était très émue et a envoyé mon texte à Thierry Billard, directeur éditorial chez Plon. Elle m’a dit "je ne te promets rien, cela fait vingt ans que je lui envoie des histoires de vie très émouvantes et je n’ai jamais eu de réponse". Quelques semaines après, elle m’a demandé de venir à Paris pour rencontrer Thierry Billard, et après deux heures d’entretien où je l’ai fait rire et pleurer, il m’a dit "écoute Maria, on va faire un livre". C’était au-delà de tout ce que je pouvais espérer, vous savez depuis ma tendre enfance j’essaie d’aller le plus loin possible. Avoir mon livre publié par Plon, l’une des meilleures maisons d’édition en France c’était pour moi un vrai miracle !

Question : Quel était votre état d’esprit quand vous avez commencé la rédaction en compagnie de Lorraine de Plunkett ?

Maria Doyle : Pendant plusieurs mois, je lui ai raconté ce qui est dans le livre, elle est devenue ma main pour écrire, je ne peux pas lire ni écrire. J’ai vidé toutes les cases de mon cerveau, tout est là-haut. Tous ces détails, toutes ces images que j’avais dans ma tête, c’était facile de les raconter. Et Lorraine m’a dit "Maria, il faudrait cinq tomes pour décrire tout ce que tu as vécu !" Ce livre, ce sont les grandes lignes.

Question : Dans ce récit, on plonge dans une Irlande éloignée des clichés, un pays très vert où on chante et on danse, on boit de la bière, c’est joyeux, il y a des moutons... Maria Doyle : L’Irlande, malgré sa pauvreté, depuis des générations les Irlandais sont très positifs. Avec rien, on va te faire quelque chose. Tu vas chez quelqu’un, il a un oeuf dans le frigo, il va arriver à te faire un repas extraordinaire ! On dit qu’on est des "fighting Irish" ["Irlandais combattants" NDLR]. En France aussi, quand c’était la guerre ici en Lorraine, qu’il n’y avait pas à manger, les grands-parents d’Emmanuel mon mari ont vécu des choses très difficiles. C’est là que les Français étaient comme les Irlandais, ils s’entraidaient, parlaient ensemble, tout le monde connaissait son voisin. On a perdu un peu ça, peut-être à cause de la richesse, on a plein de choses, on ne connaît pas notre voisin, les enfants ont de nombreux jouets et d’ailleurs ils ne savent pas quoi faire avec !

Question : justement, dans votre récit, on parle d’entraide, de solidarité entre gens pauvres et d’un monde ouvrier qui vivait entre misère et pauvreté, et aussi de foi, cette foi qui vous a été transmise et que vous avez toujours...

Maria Doyle : En Irlande, quand tu n’as rien, cette foi te donne une force. Quand tout va mal et que je fais la prière, depuis toute petite, ça me donne une lumière, ça me guide, ça m’aide, ça me donne cette force nécessaire comme un tonique, des vitamines qui m’aident si j’ai faim, si je suis fatiguée, si j’en peux plus. La prière me remplit d’une énergie que je ne trouve nulle part ailleurs. Et même si j’ai envie de baisser les bras, je dis "Hop, ah ben non, je ne peux pas". Cela me donne la force d’aller jusqu’au bout. C’est grâce à ma mère, à cette tradition catholique en Irlande, on est nés dedans et on meurt dedans.

Question : Mais pourtant, cette tradition catholique est portée par des prêtres et des religieux qui ne sont pas forcément très charitables...

Maria Doyle : Oui, on le découvre dans mon livre. Mais ce sont des hommes et des femmes, ce sont des humains qui ne sont pas parfaits. Maman m’a toujours dit "Maria, on ne sait pas s’ils sont vraiment là parce qu’ils veulent être religieux." Est-ce qu’ils ne sont pas heureux ? On ne sait pas ce qu’ils sont. On peut ne pas les juger, parce que si on vit bien notre foi, on a foi en Dieu, pas dans ces hommes et ces femmes. Si on reste sur les actes que font les hommes, soit on se dit "ça va me détruire", soit on dit "ça va m’aider à grandir et être plus fort dans ma foi." C’est comme ça que je suis.

Question : Vous auriez pu faire votre vie aux États-Unis si vous aviez fait les bonnes rencontres à l’époque où vous aviez du succès dans la chanson. En fait, vous avez fait votre vie en France en rencontrant un missionnaire mormon. Quelles différences avez-vous trouvé entre votre vie en Irlande puis en France ?

Maria Doyle : Comme j’avais déjà vécu en Amérique, j’ai toujours eu cette impression d’être un pigeon voyageur et de vouloir revenir au nid. Mon père m’a toujours dit "Si tu étais restée en Amérique, tu serais devenue quelqu’un de très connu". Mais j’étais très proche de mon père, de ma mère, quitter l’Irlande a été la chose la plus difficile de ma vie. J’ai quitté ma famille, mes amis, mes repères, tout ce que j’avais au plus profond de moi pour commencer une toute nouvelle vie en France. Cela faisait peu de temps que j’avais suivi mon mari dans sa foi, je ne connaissais personne dans un tout petit village, avec la barrière de la langue. Je ne pouvais pas apprendre à lire, à écrire, je me suis demandé comment j’allais faire. J’étais déjà enceinte de mon premier enfant, c’était le noir complet. J’étais aveugle, et je me suis demandé comment j’allais y arriver. Finalement, j’ai trouvé. J’ai passé autant de temps en France qu’en Irlande, c’est mon foyer, c’est mon pays. La Lorraine où j’habite, c’est ma région. J’adore ma famille, j’ai tous mes sept enfants ici, je suis maintenant aussi Française que vous... et je suis aussi Irlandaise. Je trouve assez extraordinaire que d’un petit village perdu au milieu de nulle part j’aie réussi à monter à Paris et que mon livre soit publié partout en France. Si ce n’est pas un miracle...!

Question : Au quotidien, comment faites-vous ? Vous n’avez pas appris le braille, comment lisez-vous et écrivez-vous ?

Maria Doyle : En effet, comme je me suis enfuie rapidement d’une institution pour aveugles, je n’ai pas appris le braille. Mais en même temps je ne voulais pas l’apprendre, ça peut choquer les personnes qui sont aveugles. J’étais née voyante et, dans ma tête, je voulais rester voyante. Je vois encore les lettres, les mots, je peux encore les épeler. J’écoute énormément, et mon cerveau apprend très vite. J’écoute la radio, les émissions télévisées, tout ce que je peux entendre et apprendre. Mais je ne peux pas lire ni écrire, et ça me manque énormément. Question : On vous lit des livres, ou vous utilisez du matériel ? Ça se passe comment, c’est l’entraide et la solidarité qui vous donnent accès à la lecture ? Maria Doyle : En fait, je n’ai pas trop le temps. J’ai essayé les livres sonores ou sur Internet, mais parce que je suis occupée avec les cinq enfants qui sont encore à la maison, je bouge beaucoup, je n’arrête pas avec le linge, la cuisine, les activités des enfants. Et quand j’essaie de m’asseoir cinq minutes pour écouter quelque chose, vite fait mon esprit s’évade, il va ailleurs, et deux minutes après je me dis "Mince, j’ai perdu le fil de l’histoire" ! Je préfère, comme depuis toute petite, un bon témoignage à la télé, des films, et j’imagine les scènes. Si j’imagine les images dans ma tête, là je peux vraiment apprendre. Question : La chanson vous a accompagnée au long de votre vie, par votre mère qui vous en a donné le goût. Vous continuez encore, en famille avec vos enfants musiciens, mais vous chantez aussi pour les autres ? Maria Doyle : Ça peut arriver, mais pas professionnellement. C’est mon rêve ultime. Maman me disait que je chantais avant de parler. Quand j’ai perdu la vue, c’est ma voix qui m’a ouvert toutes ces portes, qui m’a emmenée en Amérique, qui m’a poussée toute ma vie à aller le plus haut possible, sur la scène, à montrer que j’étais forte et que je n’avais pas peur. Si je ne peux pas chanter, ma vie ne vaudrait plus rien. Alors je chante tous les jours, quand je travaille, que je repasse, ça fait partie de moi. Propos recueillis par Laurent Lejard, septembre 2018. On ne voit bien qu’avec le coeur, par Maria Doyle avec la collaboration de Lorraine de Plunkett, éditions Plon. 17,90€, en librairies - Yanous – n° 515 Retour sommaire

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